Roman d’élégance à la française à la Galerie Dior
- Hélène BRASSEUR

- 16 déc. 2025
- 4 min de lecture

Les polémiques autour de Shein et du monde de la fast fashion ont pris de la place ces derniers temps. Beaucoup de place. Mais il n’est pas question de débattre ici sur le choix d’acheter (ou non) sur ces sites qui vendent en masse et à bas prix. Au contraire, dans cet article, on prend un ou deux pas d’écart (voire même bien plus) de tout cet écosystème et on prend le temps pour une parenthèse pleine de style et de bon goût. Et cela se passe à la Galerie Dior, à Paris.
Haut-lieu de l’élégance française, tout l’univers de la Maison Dior y est raconté. Du parcours du génie Christian Dior lui-même, aux directions prises par ceux qui lui ont succédé, d’Yves Saint-Laurent à Jonathan Anderson, fraîchement nommé à la tête de la maison en juin 2025. Mais depuis le 20 novembre, la Galerie Dior met en avant un fervent admirateur de sa Maison : Azzedine Alaïa (1935-2017). Fasciné par l’univers de Christian Dior, ce célèbre couturier et styliste franco-tunisien, qui aurait d’ailleurs travaillé quelques jours pour la Maison Dior, est devenu un grand collectionneur de pièces de mode. Un maître en la matière, passionné par le travail des autres, de ceux passés avant lui.
La Galerie Dior expose donc aujourd’hui (et jusqu’au 3 mai 2026) une grosse centaine de pièces de la collection Dior d’Azzedine Alaïa, qui en compte environ 600. En écho à cette initiative, la Fondation Azzedine Alaïa propose de son côté une exposition intitulée « Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute couture » et qui met en parallèle les deux univers de ces grandes maisons (jusqu’au 24 mai 2026).

L’élégance française dans les moindres détails
Je ne suis pas allée à la Fondation Azzedine Alaïa, mais je suis allée jeter un oeil au parcours mis en place à la Galerie Dior, et j’ai clairement eu l’impression de voyager un peu hors du temps. Hors de mon temps du moins. Cela commence déjà à l’extérieur du bâtiment puisque ce quartier de l’avenue Montaigne et des Champs-Elysées, on n’a pas vraiment l’impression d’être à sa place quand on y passe. Mais dans la Galerie elle-même, là aussi tout sort de l’ordinaire d’aujourd’hui, avec des pièces raffinées, des modèles uniques qui font un bien fou aux yeux. A l’heure où la production et l’achat en masse de vêtements fonctionnent à grande vitesse, prendre le temps d’admirer les détails de robes ou de tailleurs de la maison Dior fait un bien fou.
Car oui, il faut prendre le temps de tout regarder en détail (pas de trop près ceci dit car sinon vous risquez de faire sonner les alarmes, très sensibles). Se contenter de jeter un rapide coup d’oeil à la silhouette globale d’une tenue serait du gâchis, et ne pas réaliser la minutie du travail réalisé. Une ode au chic et au bon goût. L’élégance des pièces est à admirer sur les deux niveaux de la visite (on monte tout en haut pour débuter). Costumes tailleurs, robe de soirée, de ville ou de bal sont exposés sous une lumière assez faible, dans le but de ne pas abîmer les pièces. Azzedine Alaïa avait, lors de son passage chez Dior, gardé l’impression de robes qui semblaient « tenir debout toutes seules », comme on peut le lire dans le programme fourni par la Galerie. Impression retranscrite par la façon dont certaines tenues sont exposées. Une esthétique très bien pensée.


Les salles suivent des thématiques différentes, et tout commence par une rétrospective sur la vie de Christian Dior. Mais outre les nombreuses créations vestimentaires, cette exposition de la Galerie va aussi s’attarder sur des détails plus techniques, qui exposent d’autres savoir-faire de la Maison Dior. Et cela va même jusqu’à un petit « tuto » sur la confection des noeuds qui ornent les eaux de parfum « Miss Dior ». Le souci du détail, encore. Avec autour des visiteurs, des vêtements blancs exposés dans une lumière vive, et des croquis qui défilent sur des écrans. Une salle un peu unique au milieu de la visite. Une parenthèse est aussi faite sur l’endroit où se forge la légende Christian Dior : le 30 avenue Montaigne. Avec le bureau du maître des lieux exposé. Attention est aussi portée sur le travail des tissus, des couleurs. On ne fait donc pas que regarder des habits, comme on peut le faire dans tous les magasins luxueux aux alentours. On découvre toute une façon de faire, une maîtrise, une expertise.


Christian Dior parlaient des couturiers comme des « maîtres à rêver ». Et c’est d’ailleurs écrit en très gros sur les murs de la Galerie Dior. Cette exposition lui donne raison. Une bonne dose de «merveilleux» à la française, et ça ne fait pas de mal. Et pas besoin d’être un expert en mode pour se prendre au jeu.
Exposition « La Collection Dior d’Azzedine Alaïa » :
Jusqu’au 3 mai 2026 (tous les jours sauf le mardi, 11h-19h)
11 rue François Ier 75008 Paris
Réservation recommandée
Exposition « Azzedine Alaïa et Christian Dior, deux maîtres de la haute couture » :
Jusqu’au 24 mai 2026 (tous les jours, 11h-19h)
18 rue de la Verrerie 75004 Paris



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